Quitter Skool pour votre propre site ressemble à une économie : pas de commission, votre marque et tout sous votre contrôle. Et avec l’IA, le monter semble l’affaire d’un week-end. Mais ce que vous perdez le plus en partant n’apparaît sur aucune facture : la confiance que donne le fait de payer sur une plateforme que vos membres connaissent déjà, et tous les gens que Skool met devant votre communauté. Aucun plugin ne vous vendra ça.
Et côté argent, le compte n’y est pas non plus. Si vous êtes sur le plan Pro, vous n’économisez presque rien en commissions, voire rien du tout ; vos frais fixes augmentent ; la TVA devient votre affaire, et pendant le déménagement, une partie de vos membres payants ne vous suit pas. L’IA vous fait le site. Elle ne vous amène pas de membres, ne leur facture pas la TVA et ne répond pas quand quelqu’un n’arrive plus à se connecter un dimanche soir.
Une précision avant d’aller plus loin : nous sommes SkoolRank, un classement de communautés Skool, donc nous ne sommes pas neutres. Nous pensons que, pour la plupart des communautés, rester sur Skool est la meilleure décision, et nous vous expliquons ici pourquoi. Nous n’avons de lien d’affiliation ni avec Skool ni avec aucun des outils cités.
Les prix de Skool, de Stripe et des autres outils ont été vérifiés sur leurs sites le 26 octobre 2026. Ils sont en dollars américains, sauf mention contraire. Ils changent souvent ; si c’est le cas, nous mettrons l’article à jour.
Pourquoi tant de créateurs envisagent de quitter Skool
Ces derniers mois, on voit passer de plus en plus de vidéos du genre « je quitte Skool et je crée ma propre plateforme avec l’IA ». Les outils qui écrivent du code à partir d’une conversation donnent l’impression qu’un site avec des formations, un espace membres et des paiements se monte en quelques jours. Et plusieurs plateformes concurrentes de Skool publient des guides pour migrer depuis Skool, parce que ces créateurs sont leurs clients.
Les raisons qu’on entend sont presque toujours les mêmes :
- « Skool prend trop sur chaque vente. » Sur le plan Hobby, 10 % plus 0,30 $. C’est beaucoup si vous encaissez déjà pas mal ; sur le Pro, c’est nettement moins, et vous allez voir que ça ressemble beaucoup à ce que vous paieriez par vous-même.
- « Je veux ma propre marque. » C’est vrai, toutes les communautés Skool se ressemblent. C’est un choix de Skool, pas un oubli, et il a du bon : vos membres n’ont rien à apprendre.
- « Votre audience ne vous appartient pas : vous construisez sur un terrain loué. » Il y a du vrai, et il existe une solution qui ne passe pas par un départ. Nous en parlons plus bas.
- « Skool peut changer les règles quand il veut. » C’est vrai. Stripe aussi, comme votre hébergeur, vos plugins et l’outil d’IA avec lequel vous faites votre site.
- « Avec l’IA, je le fais moi-même, gratuitement. » Le site, peut-être. Le reste, non. Et les outils d’IA ne sont pas gratuits non plus.
Certaines de ces raisons sont fondées, et nous vous dirons lesquelles. Mais presque toutes ne regardent que ce que vous payez à Skool, pas ce que Skool fait pour cet argent. Et ce qu’il fait de plus précieux n’a pas de prix.
Ce qui n’a pas de prix : la confiance et les gens que Skool vous amène
Un site à vous, ça se paie. Ce qui ne s’achète pas, c’est que les gens lui fassent confiance et qu’ils le trouvent. C’est la première chose que vous laissez derrière vous en quittant Skool, et la plus longue à retrouver, si vous la retrouvez.
La confiance de ceux qui paient
Quand quelqu’un rejoint votre communauté Skool, il paie sur une plateforme qu’il connaît ou dont il a entendu parler, avec la même page de paiement que dans n’importe quelle autre communauté, et il sait qu’il peut résilier depuis son profil en deux clics, comme partout. Il n’a pas besoin de vous faire confiance pour vous donner sa carte : il lui suffit de faire confiance à Skool.
Sur votre propre site, ce même visiteur voit une page qu’il ne connaît pas lui demander ses coordonnées bancaires. Et il hésite : est-ce sécurisé, pourra-t-il se désabonner, y a-t-il vraiment quelqu’un derrière ? D’après le Baymard Institute, qui étudie la façon dont les gens achètent en ligne, près d’un acheteur américain sur cinq qui abandonne un achat en cours de route le fait parce qu’il n’ose pas confier sa carte à ce site. Vous savez que le vôtre est sérieux. Celui qui arrive pour la première fois, non.
La confiance passe aussi par ce qu’on voit avant de payer. Sur la page About de votre communauté Skool, le visiteur voit combien de membres vous avez, combien sont en ligne à ce moment-là et qui l’anime. Et il sait que Skool a des règles contre le spam et les faux comptes qui protègent ses membres. Sur un nouveau site, tout ça part de zéro, et c’est à vous de le construire.
Les gens que Skool met devant votre communauté
Skool n’est pas seulement l’endroit où se trouve votre communauté : c’est l’endroit où les gens cherchent des communautés. D’après Similarweb, en septembre 2026, skool.com faisait partie des 1 100 sites les plus visités au monde, et une partie de ces visites passe par Discovery, son moteur de recherche de communautés, pour en trouver une à rejoindre. Celles qui grandissent, qui sont actives et dont les membres reviennent montent dans leur catégorie. Chaque membre qui arrive par là est un membre que vous n’avez eu ni à payer ni à aller chercher. Nous expliquons comment ça marche dans comment apparaître sur Skool Discovery.
Il y a aussi Growth Boost, activé par défaut, avec lequel Skool fait la promotion de votre communauté sur son propre budget. Il prend 30 % de ce que paient les membres qu’il vous amène, mais seulement sur ceux-là : s’il n’amène personne, vous ne payez rien.
Et il y a le réseau lui-même. Quelqu’un qui est déjà dans une communauté Skool en découvre d’autres et les rejoint en un clic, avec le même compte, sans redonner ses informations. Quand vous dites « j’ai une communauté sur Skool », beaucoup de gens savent déjà ce que c’est, comment on y entre et comment on paie. Avec votre propre site, chaque visiteur part de zéro : il faut d’abord lui expliquer ce qu’est votre site, puis le convaincre de vous faire confiance.
Sur votre propre site, personne n’arrive tout seul. Chaque visite vient de vos réseaux sociaux, de publicités payées au clic ou d’un bon référencement sur Google, qui met des mois à venir.
L’application et les notifications sur mobile
Vos membres ont l’application Skool sur leur téléphone, pour iPhone et Android (celle d’Android, à elle seule, dépasse le million de téléchargements), et ils reçoivent des notifications de ce qui se passe dans leurs communautés. C’est cette notification qui les fait revenir.
Votre site, c’est un onglet du navigateur qu’on oublie. Pour avoir la même chose, il vous faut votre propre application, et ce n’est pas donné : BuddyBoss, le plugin de communautés le plus connu de WordPress, vend la sienne à partir de 99 $ par mois pour un seul store et 199 $ pour les deux, et Kajabi ne l’inclut que dans son plan Pro, à 399 $ par mois en payant l’année. La développer vous-même est un autre projet, avec ses propres coûts.
Les habitudes de vos membres
Beaucoup de vos membres sont aussi dans d’autres communautés Skool. Ils s’y connectent chaque jour avec le même compte, et vos publications apparaissent à côté de celles des autres.
Sur votre site, en revanche, ils doivent créer un compte de plus, retenir un autre mot de passe et penser à venir. Chaque étape en plus est une occasion de ne pas revenir, et dans une communauté payante, celui qui ne vient plus finit par résilier.
L’écosystème Skool
En partant, vous laissez aussi derrière vous des choses qui n’existent que sur Skool. Son programme d’affiliation vous verse 40 % de l’abonnement de chaque personne qui crée une communauté avec votre lien, et vos membres sont les premiers candidats : ils voient chaque jour comment fonctionne la vôtre. Il y a les Skool Games, le défi entre créateurs lancé avec Alex Hormozi (nous le racontons dans Alex Hormozi et Skool), et les créateurs de contenu qui parlent de Skool chaque jour sur YouTube et les réseaux sociaux. Et il y a des vitrines comme SkoolRank, où nous classons déjà près de 4 000 communautés par catégorie et par langue : elles ne recensent que des communautés Skool. Ajouter la vôtre est gratuit.
Les commissions : ce que vous économisez vraiment
Passons à l’argent. Skool prend un abonnement et une commission sur chaque paiement de vos membres :
- Hobby : 9 $ par mois et 10 % plus 0,30 $ sur chaque paiement.
- Pro : 99 $ par mois et 2,9 % plus 0,30 $ (3,9 % sur les paiements de 900 $ ou plus).
Cette commission est la même d’où que vienne la carte, il n’y a rien en plus pour encaisser des abonnements, et Skool vous paie dans la devise de votre pays sans vous facturer le change.
Sur votre propre site, la solution habituelle pour encaisser, c’est Stripe. Son tarif de base aux États-Unis est lui aussi de 2,9 % plus 0,30 $, mais s’y ajoutent des frais que vous ne payez pas sur Skool :
- 1,5 % si la carte vient d’un autre pays.
- 0,7 % pour gérer les abonnements (Stripe Billing).
- 0,5 % si vous utilisez Stripe Tax pour calculer les taxes de chaque vente.
- 15 $ par litige, quand un client conteste un paiement auprès de sa banque.
En France, les tarifs sont différents : 1,5 % plus 0,25 € avec les cartes européennes standard, 2,8 % avec les cartes premium, 3,15 % avec les cartes émises hors d’Europe, et 2 % de plus s’il faut convertir la devise. Les abonnements et le calcul des taxes s’ajoutent de la même façon, et chaque litige coûte 20 €.
Voici ce que vous paieriez dans chaque cas pour une mensualité, en comptant la gestion des abonnements et le calcul des taxes de Stripe :
| Cas | Skool Pro | Votre site avec Stripe |
|---|---|---|
| Créateur aux États-Unis, membre américain | 2,9 % + 0,30 $ | 4,1 % + 0,30 $ |
| Créateur aux États-Unis, membre d’un autre pays | 2,9 % + 0,30 $ | 5,6 % + 0,30 $ |
| Créateur en France, membre européen (carte standard) | 2,9 % + 0,30 $ | 2,7 % + 0,25 € |
| Créateur en France, membre hors d’Europe | 2,9 % + 0,30 $ | 4,35 % + 0,25 € |
Avec des mensualités, dans le meilleur des cas, encaisser vous-même vous fait gagner quelques dixièmes de point. Avec 100 membres qui paient 49 $ par mois, 0,2 %, c’est environ 10 $ par mois. Dans les autres cas, vous payez plus que sur Skool : si beaucoup de vos membres vivent hors d’Europe, au Québec ou en Afrique, comme dans tant de communautés francophones, l’écart joue en faveur de Skool. Si vous vendez surtout des paiements uniques à des clients européens, vous économisez aussi la gestion des abonnements et l’écart monte à presque un point : environ 0,45 $ sur une vente de 49 $.
Et encore faut-il pouvoir utiliser Stripe. Aujourd’hui, on ne peut y ouvrir un compte directement que dans un peu plus de quarante pays. Le Canada en fait partie ; le Maroc, la Tunisie, l’Algérie et le Sénégal, non, et en Côte d’Ivoire, il faut passer par Paystack, qui fait partie de son réseau étendu. Skool, lui, paie les créateurs de ces cinq pays africains, parmi beaucoup d’autres, sur leur compte bancaire et dans leur devise. Si vous vivez dans l’un d’eux, quitter Skool peut vouloir dire perdre un moyen simple d’encaisser par carte.
Si ce sont les 10 % du Hobby qui vous pèsent
C’est là que se trouve la vraie différence, et elle a une solution plus simple que partir : passer au Pro. Il devient rentable dès que vos membres paient, au total, environ 1 270 $ par mois (environ 1 050 $ si vous payez Skool à l’année). À partir de là, la commission tombe à 2,9 %, ce qui, comme vous venez de le voir, correspond à peu près à ce que vous paieriez par vous-même. Vous avez le calcul complet, avec des tableaux par prix et par nombre de membres, dans combien coûte Skool.
Ce que coûte votre propre site chaque mois
La commission, c’est ce qu’on voit. Ce qu’on ne voit pas, c’est que sur Skool, l’abonnement comprend tout : membres, formations, vidéos et lives en illimité, l’application, les e-mails à vos membres et les paiements. Sur votre propre site, chacune de ces pièces est un service à part, avec sa propre facture.
Il y a deux voies courantes, et toutes les deux ont des frais fixes, même avant votre première vente.
Avec WordPress
WordPress est gratuit, mais pour qu’il fasse ce que fait Skool, il vous faut un hébergement à la hauteur et plusieurs plugins payants. Une combinaison courante, avec l’offre d’entrée de chacun et en payant à l’année :
| Pièce | Exemple | Première année | Ensuite |
|---|---|---|---|
| Hébergement infogéré | Kinsta (Launch) | 30 $ par mois | 30 $ par mois |
| Formations, adhésions et paiements | MemberPress (Growth) | 349,50 $ par an | 699 $ par an |
| Communauté | BuddyBoss (Start) | 99 $ par an | 199 $ par an |
| Vidéos privées | Vimeo (Starter) | 12 $ par mois | 12 $ par mois |
| Total approximatif | environ 79 $ par mois | environ 117 $ par mois |
Attention à deux détails. Les plugins sont bon marché la première année, puis leur renouvellement coûte le double. Et l’offre la moins chère de MemberPress (199,50 $ la première année, 399 $ ensuite) prélève aussi 4,9 % de chaque paiement, en plus de ce que prend Stripe : plus que Skool Pro.
Avec une application créée avec l’IA
Si vous la créez avec un outil d’IA, la facture change de forme, mais elle ne disparaît pas :
| Pièce | Exemple | Prix |
|---|---|---|
| Outil d’IA | Lovable ou Bolt (Pro), Replit (Core) | 20 à 25 $ par mois |
| Hébergement | Vercel (Pro) | 20 $ par mois |
| Base de données et utilisateurs | Supabase (Pro) | à partir de 25 $ par mois |
| Vidéos | Vimeo (Starter), ou Bunny Stream ou Mux à l’usage | à partir de 12 $ par mois |
| E-mails (notifications, mots de passe) | Resend (Pro) ou Postmark | 15 à 20 $ par mois |
| Total approximatif | environ 100 $ par mois |
Certains outils d’IA incluent l’hébergement, ce qui allège un peu la note. Mais l’outil, vous ne cessez pas de le payer une fois le site terminé : vous en aurez besoin chaque fois que quelque chose casse ou que vous voulez changer quelque chose.
Si vous voulez en plus une application dans les stores, Apple facture 99 $ par an pour son programme développeurs, et Google 25 $ une seule fois. Ce n’est que le ticket d’entrée : l’application, il faut la développer, la publier, passer les validations de chaque store et la maintenir.
Face à tout ça, Skool Pro coûte 99 $ par mois (82 $ en payant l’année), et le Hobby 9 $. Et aucun de ces calculs ne compte le plus cher : les heures, les vôtres ou celles de la personne qui vous aide, pour tout monter, réparer et tenir à jour.
Ce qui devient votre affaire
En plus de la confiance, des gens et de l’argent, en quittant Skool, vous récupérez tout un tas de travail que Skool fait aujourd’hui pour vous.
La TVA et les taxes
Skool agit comme vendeur auprès de vos membres (ce qu’on appelle en anglais le merchant of record) : le membre paie Skool, et Skool vous paie. C’est pour ça que, dans les pays concernés, Skool ajoute la TVA au prix, la collecte, la déclare et la reverse, et qu’aux États-Unis il gère aussi la taxe sur les ventes. Vous touchez la même chose que s’il n’y avait pas de taxes.
Sur votre propre site, le vendeur, c’est vous, et les taxes aussi. Et il y en a un certain nombre :
- Union européenne. Une formation ou une communauté en ligne comptent comme des services électroniques, soumis à la TVA du pays du client, et non à celle de votre pays. Si votre entreprise est en France ou ailleurs dans l’UE, le seuil est de 10 000 € par an de ventes à des particuliers d’autres pays de l’UE ; au-delà, vous devez facturer à chacun la TVA de son pays et la déclarer, en général via le guichet unique de l’UE (OSS). Si votre entreprise est hors de l’UE, au Québec ou au Maroc par exemple, il n’y a pas de seuil : c’est la même chose dès la première vente à un particulier européen, via le régime non-UE de ce guichet unique.
- Royaume-Uni. Si votre entreprise est hors du pays, il n’y a pas de seuil non plus : dès que vous vendez une formation enregistrée à un particulier britannique, vous devez vous immatriculer à la TVA britannique (20 %) dans les 30 jours.
- États-Unis. Il n’y a pas de taxe nationale sur les ventes : chaque État décide s’il taxe les produits numériques et à partir de quel montant de ventes vous devez la facturer. Dans l’État de Washington, par exemple, à partir de 100 000 $ par an de ventes dans cet État.
Vous avez deux façons de vous en sortir. La première, le faire vous-même : calculer la taxe de chaque vente (Stripe Tax prend 0,5 % pour ça), vous immatriculer là où il le faut et déposer les déclarations chaque trimestre, presque toujours avec un expert-comptable. La seconde, payer une entreprise qui joue le rôle de vendeur à votre place, comme Paddle ou Lemon Squeezy, qui prennent 5 % plus 0,50 $ par vente : bien plus que Skool Pro, qui fait la même chose.
Les paiements qui échouent, les remboursements et les litiges
Chaque mois, la carte de quelqu’un expire ou un paiement est refusé. Sur Skool, le paiement est retenté automatiquement (le tableau de bord indique combien de tentatives ont déjà eu lieu), Skool essaie une autre carte si le membre en a enregistré une, et celui qui ne paie pas perd l’accès sans que vous ayez à intervenir. Les remboursements se font depuis le tableau de bord, en totalité ou en partie, en un clic.
Sur votre site, tout ça, c’est vous qui le configurez et qui vous en occupez : les nouvelles tentatives, les e-mails de relance, couper l’accès à celui qui ne paie pas et le lui rendre quand il paie, les remboursements et les litiges, qui coûtent 15 $ chacun chez Stripe (20 € en France).
Les points, les niveaux et le classement
Sur Skool, chaque like rapporte un point, les points font monter de niveau (il y en a neuf), il y a un classement des membres les plus actifs et vous pouvez débloquer des formations à partir d’un certain niveau. On dirait un jeu, mais c’est ce qui fait que les gens participent et reviennent, et dans une communauté payante, ça vaut de l’argent.
Sur WordPress, on peut l’imiter avec des plugins, et dans une application maison, on peut le programmer. Ni l’un ni l’autre n’est gratuit, et le résultat est rarement aussi réussi.
La sécurité et la maintenance
Sur Skool, la sécurité, les sauvegardes et les pannes sont l’affaire de Skool. Sur votre site, elles sont la vôtre.
Si votre site tourne sous WordPress, l’essentiel des risques vient des plugins. D’après le dernier rapport de Patchstack, une entreprise de sécurité spécialisée dans WordPress, 11 334 nouvelles failles de sécurité ont été découvertes dans WordPress en 2025, dont 91 % dans des plugins, et près de la moitié (46 %) n’avaient toujours pas de correctif du développeur au moment où elles ont été rendues publiques. Votre site n’est pas plus sûr que le moins soigné de vos plugins, et les tenir à jour, c’est votre travail.
Si vous l’avez créé avec l’IA, le risque est différent : le code fonctionne, mais il n’est pas toujours sûr. Dans les tests de Veracode sur plus de cent modèles d’IA, le code généré introduisait une faille de sécurité dans 45 % des tâches en 2025, et en 2026, le résultat s’est à peine amélioré (44 %). Et c’est déjà arrivé : en 2025, un chercheur a passé en revue 1 645 applications créées avec Lovable, l’un des outils les plus populaires pour faire des sites avec l’IA, et dans 170 d’entre elles, il a trouvé une base de données mal protégée, avec des données comme les noms et les e-mails des utilisateurs ou leurs paiements à la portée de n’importe qui. Lovable a répondu que protéger les données de chaque application relevait de la responsabilité de celui qui la crée. Autrement dit, de la vôtre.
Une fuite de ce genre n’est pas qu’un problème technique. En Europe, le RGPD vous oblige à prévenir l’autorité de protection des données dans les 72 heures. Et c’est le moyen le plus rapide de perdre ce qui est le plus long à gagner : la confiance de vos membres.
Et il y a une chose dont personne ne parle : c’est vous qui devenez le support. « Je n’arrive pas à me connecter », « je ne reçois pas l’e-mail », « on m’a débité deux fois ». Sur Skool, les problèmes de la plateforme, c’est Skool qui les règle. Sur votre site, c’est à vous qu’on écrit, à n’importe quelle heure.
Votre temps
C’est le plus cher de tout, et ce dont on parle le moins. Monter le site n’est que le début : ensuite, il faut le mettre à jour, réparer ce qui casse à chaque mise à jour, répondre aux questions techniques et ajouter ce que vos membres demandent.
Chaque heure passée sur un plugin ou à demander à l’IA de corriger un bug est une heure que vous ne consacrez pas à vos membres, à préparer le prochain cours ou à trouver des clients. Sur Skool, ces heures sont à vous.
Le déménagement : les membres que vous perdez en route
Imaginons que, malgré tout, vous décidiez de partir. Le plus délicat, ce n’est pas le site, ce sont vos membres payants.
Les abonnements ne déménagent pas avec vous. Tous les paiements passent par le compte de Skool (vous ne pouvez même pas connecter votre propre Stripe), donc impossible de les emporter : chaque membre devra s’inscrire de nouveau sur votre site et saisir à nouveau sa carte, cette fois sur une page qu’il ne connaît pas. Certains le feront le premier jour ; d’autres remettront ça à plus tard, et certains ne le feront jamais.
Il n’existe pas de données publiques sur le nombre de membres perdus dans un déménagement de ce genre ; ça dépend de chaque communauté. Mais faites le calcul avec la vôtre : si vous avez 200 membres qui paient 49 $ par mois et que 20 ne font pas le changement, c’est 980 $ de moins chaque mois, presque dix fois l’abonnement Pro.
Les publications et les commentaires, les points et les niveaux de chaque membre, ou le lien de votre communauté que vous partagez depuis des mois ne déménagent pas tout seuls non plus. Et votre place dans Discovery, si difficile à gagner, disparaît avec la communauté.
Ce qui est vrai dans les avis critiques sur Skool
Nous sommes du côté de Skool, mais pas au point de vous raconter des histoires. Ces critiques sont fondées :
- Le design est ce qu’il est. Vous pouvez changer l’icône, l’image de couverture, la page About et le nom des niveaux, et guère plus. Si votre marque a besoin d’un espace à elle de haut en bas, Skool ne vous le donnera pas.
- Les formations sont simples. Pas d’examens, pas de devoirs, pas de certificats, et les leçons se débloquent au bout d’un certain nombre de jours après l’arrivée du membre ou selon son niveau, pas à une date précise.
- L’adresse appartient à Skool. Avec le Pro, vous pouvez la remplacer par une adresse à votre marque, mais elle reste en skool.com/votre-marque. Votre propre nom de domaine, vous ne pouvez pas l’utiliser.
- Pas de tunnels d’e-mails. Vous pouvez écrire à tous vos membres en un clic, mais pas monter des séquences d’e-mails automatiques comme sur Kajabi.
- Vous dépendez d’une entreprise. Si Skool change ses prix ou ses règles, vous en subissez les effets. C’est un vrai risque, même si votre propre site dépend lui aussi de Stripe, de votre hébergeur et de chaque plugin.
Quand votre propre plateforme vaut vraiment le coup
Dans certains cas, partir, ou ne jamais s’y installer, a du sens :
- Une formation pour les entreprises qui demande des certificats, des rapports de progression ou des formats e-learning comme SCORM.
- Des formations avec des examens notés ou des diplômes reconnus.
- Une grande marque, avec une équipe technique et du budget, qui a déjà la confiance et l’audience, et pour qui avoir son propre espace vaut plus que tout ce qu’elle perd.
- Un produit qui n’est pas une communauté, comme un outil ou une application.
Si vous n’êtes dans aucun de ces cas, il y a de fortes chances que rester soit votre meilleur choix. Et si ce que vous cherchez, c’est une autre plateforme et pas votre propre site, nous les comparons une par une dans alternatives à Skool.
Le meilleur des deux mondes : votre site et Skool
Il existe une façon d’avoir le meilleur des deux sans rien perdre : votre propre site pour attirer les gens, et Skool pour tout le reste.
Sur votre site, vous mettez ce qui vous appartient : votre nom de domaine, votre marque, un blog qui vous amène des visites depuis Google et, surtout, une liste e-mail. Cette liste-là vous appartient vraiment : si un jour Skool changeait quelque chose qui ne vous plaît pas, vous pourriez écrire à tous ces gens. Et sur Skool non plus, vous n’êtes pas pieds et poings liés : depuis l’onglet des membres, vous pouvez exporter votre liste avec leurs réponses aux questions d’admission, et vous voyez l’e-mail de chaque membre dans ses paramètres.
Depuis votre site, les boutons mènent à votre communauté Skool, et c’est là que vos membres entrent, apprennent, participent et paient, sur une plateforme en laquelle ils ont déjà confiance.
Avant de partir, posez-vous ces questions
Si, après avoir lu tout ça, vous pensez toujours à partir, répondez d’abord à ces questions avec vos chiffres :
- Combien de vos membres sont arrivés par Discovery ou par d’autres communautés Skool ? D’où viendront ceux qui les remplaceront ?
- Un inconnu donnera-t-il sa carte sur votre site aussi facilement que sur Skool ?
- Combien payez-vous aujourd’hui à Skool par mois, abonnement et commissions compris ? Et combien paieriez-vous avec l’autre plan ?
- Combien vous coûterait votre site chaque mois, avec l’hébergement, les plugins, les vidéos, les e-mails et les outils ?
- Qui va calculer, facturer et déclarer la TVA de chaque vente ?
- Qui répare le site s’il tombe en panne un dimanche soir ?
- Combien de membres payants feront le changement, selon vous ? Et si ce n’était que la moitié ?
- Ce qui vous manque sur Skool, ce sont vos membres qui le demandent, ou vous ?
- Que feriez-vous des heures qu’il vous faudrait pour le monter et le maintenir ?
Si les réponses penchent en faveur de votre site, allez-y : c’est votre activité, et vous la connaissez mieux que personne. Sinon, vous savez maintenant tout ce que vous économisez en restant.
Questions fréquentes
Skool vaut-il le coup ?
Notre avis : pour la plupart des communautés avec des formations et des lives, oui. Pour 9 $ par mois (ou 99 $ avec le Pro), vous avez la communauté, les formations, le calendrier, l’application et les paiements avec la TVA gérée. Et vous avez ce qu’aucun site à vous ne vous donnera : une plateforme à laquelle les gens font déjà confiance et un moteur de recherche, Discovery, qui peut vous amener des membres.
Skool ou WordPress ?
WordPress vous donne un contrôle total sur le design et sur votre nom de domaine, mais pour avoir ce qu’apporte Skool, il vous faut un hébergement, plusieurs plugins payants (formations, adhésions, communauté), un service vidéo et du temps pour tout maintenir. Et vous partez sans la confiance ni les gens qu’apporte Skool. Ce qui marche très bien, c’est de combiner les deux : WordPress pour votre site et votre blog, Skool pour la communauté.
Avoir sa propre plateforme, est-ce moins cher ?
Presque jamais. Avec le plan Pro, la commission de Skool est à peu près celle que vous paieriez avec Stripe, et souvent moins si vous avez des membres dans d’autres pays. À ça, votre site ajoute l’hébergement, les plugins ou les outils, les vidéos, les e-mails et la gestion de la TVA. Et le plus cher, ce n’est pas l’argent : ce sont les membres qui n’arrivent plus et ceux qui n’osent pas payer sur un site qu’ils ne connaissent pas.
Pourquoi les gens paient-ils plus volontiers sur Skool ?
Parce que c’est une plateforme connue, que le paiement est le même dans toutes les communautés et qu’on résilie facilement depuis son profil. Sur un nouveau site, le visiteur ne sait pas s’il est sécurisé ni s’il pourra se désabonner, et ces doutes font que beaucoup ne vont pas jusqu’au paiement.
Puis-je exporter mes membres Skool ?
Oui. Dans l’onglet des membres, un bouton permet d’exporter la liste avec leurs réponses aux questions d’admission, et l’e-mail de chacun apparaît dans ses paramètres de membre. Cela dit, ce qui vous donne vraiment une audience à vous, c’est votre liste e-mail, sur votre site.
Puis-je utiliser mon propre nom de domaine sur Skool ?
Non. Avec le plan Pro, vous pouvez remplacer l’adresse de votre communauté par une adresse à votre marque (le premier changement est inclus, les suivants coûtent 100 $), mais elle reste en skool.com/votre-marque. Si vous voulez votre nom de domaine, utilisez-le pour votre site et mettez-y un lien vers votre communauté.
Que deviennent mes membres si je quitte Skool ?
Leurs abonnements ne suivent pas : chaque membre payant doit s’inscrire de nouveau et saisir sa carte sur votre nouveau site. Ils ne gardent pas non plus leurs publications, leurs points ni leur niveau. Prévenez-les bien à l’avance et attendez-vous à ce qu’une partie ne fasse pas le changement.
Puis-je créer ma propre plateforme avec l’IA ?
Oui : avec les outils actuels, on peut monter un site avec des formations, un espace membres et des paiements sans savoir programmer. Le plus dur vient après : que les gens vous fassent confiance, que du monde arrive, la sécurité, les taxes, les paiements qui échouent et le support. L’IA vous aide à le construire, mais elle ne l’entretient pas à votre place et ne vous amène pas de membres.



